LE PORTRAIT D’ANOUCHE

ANOUCHE, ANCIENNE DE LAZARE

Depuis la création de Lazare en 2011, nombre de personnes ayant connu la galère et la rue sont passées par les appartements partagés de l’association. Parmi elles, il y a Anouche. Témoignage.

Pouvez-vous nous dire comment vous avez connu Lazare ?

Pour des raisons particulières, j’ai dû fuir l’Arménie pour la France en 2011. Je suis arrivée à Lyonje ne connaissais personne et sans comprendre un mot de français. Je me suis alors rapprochée des Missionnaires de la Charité qui m’ont accueillie temporairement avant de m’orienter vers Lazare et m’éviter ainsi la rue. J’ai alors été hébergée 9 mois dans un appartement de l’association où vivaient sept femmes, au coeur d’une maison comprenant également un appartement d’hommes et un autre logeant une famille.

Que retenez-vous de cette expérience de vie partagée avec Lazare ?

Le premier mot qui me vient à l’esprit est : « famille ». Vivre en appartement partagé à Lazare, c’est intégrer une famille. Bien sûr, la vie en colocation entre personnes si différentes les unes des autres, ayant traversé pour certaines des expériences difficiles, peut être dure parfois. Mais je retiens de cette très belle période de ma vie la richesse des liens tissés, le service au quotidien, les attentions de chacun pour tous. J’en ai fait moi-même l’expérience quand les membres de la maison se relayaient pour passer du temps avec moi en vue de m’aider à apprendre le français. Sans eux, sans Lazare, je ne sais pas ce que serais devenue aujourd’hui…

Justement, aujourd’hui… ?

Je suis mariée depuis 2012 et travaille comme auxiliaire de vie scolaire auprès d’enfants porteurs d’un handicap. Ce désir de m’engager, à la fois dans le mariage et par le travail, je le dois en partie à Lazare. Je dois aussi à mes amis de l’association l’apprentissage de la culture française et des usages de ce si grand pays qui est le mien maintenant. Aujourd’hui, j’aime tellement la France, que j’ose dire que je donnerais ma vie pour elle, cette vie que les Français de Lazare et d’ailleurs ont sauvée. Merci.